Sommaire
- 1 L’essentiel à retenir sur le refroidissement data center
- 2 Éligibilité & obligations pour le refroidissement data center
- 3 Coûts & variables du refroidissement data center
- 4 Aides CEE & cumul pour des projets de refroidissement data center
- 5 Étapes du projet de refroidissement data center (How-to)
- 6 Simulateur de performance thermique — refroidissement de data center
- 7 Erreurs fréquentes & bonnes pratiques en refroidissement data center
- 8 Cas d’usage & mini étude de cas : déploiement pratique
- 9 Sources
- 9.1 Quelles sont les principales techniques de refroidissement pour un data center ?
- 9.2 Le refroidissement liquide est-il compatible avec un site existant ?
- 9.3 Peut-on récupérer la chaleur d’un data center ?
- 9.4 Quels gains énergétiques attendre ?
- 9.5 Quelles précautions pour le liquide de refroidissement ?
- 9.6 Comment financer un projet de refroidissement ?
- 9.7 Quel rôle pour l’IA dans le refroidissement ?
Refroidissement data center : comprendre les techniques et innovations qui réduisent la consommation d’énergie tout en assurant la continuité de service. Ce dossier explique les approches éprouvées et les solutions émergentes — du confinement d’air au refroidissement par immersion — avec des repères techniques, économiques et réglementaires pour piloter un projet responsable.
- En bref : le refroidissement représente jusqu’à 40 % de la consommation d’un data center traditionnel ; les approches liquides et le free cooling permettent d’améliorer le PUE et de réutiliser la chaleur.
- Les solutions vont du simple échangeur de porte arrière aux systèmes de refroidissement par immersion, en passant par les CDU et le DLC (Direct Liquid Cooling).
- Des outils comme la simulation thermique dynamique ou la gestion intelligente basée sur l’IA optimisent les gains en temps réel.
- Des aides et bonnes pratiques existent pour réduire le TCO et sécuriser les déploiements sur sites existants.
- Actions concrètes : Simuler ma prime CEE • Demander un audit
L’essentiel à retenir sur le refroidissement data center
Le refroidissement data center est à la fois un enjeu opérationnel et environnemental majeur. Les équipements informatiques génèrent de la chaleur proportionnelle à leur puissance : en 2025, la densité moyenne reste autour de 7 kW par rack, mais certains racks IA atteignent facilement 100 à 150 kW.
La climatisation et la ventilation traditionnelles restent utiles pour des densités faibles à moyennes, mais elles deviennent inefficaces au-delà de 50 kW par rack. Le passage au liquide de refroidissement direct ou indirect devient alors nécessaire pour garantir la fiabilité et réduire la consommation électrique.
Plusieurs leviers sont essentiels pour améliorer l’efficacité énergétique :
- Confinement d’allées chaudes/froides pour éviter le mélange d’air.
- Adoption progressive du refroidissement liquide (RDHx, DLC, immersion) pour les baies haute densité.
- Intégration du free cooling et du refroidissement évaporatif selon la climatologie.
- Récupération et valorisation de la chaleur résiduelle vers les réseaux de chaleur ou des bâtiments attenants.
Exemple concret : un site ayant remplacé un parc CRAC ancien par des RDHx et une CDU liquide-liquide a réduit son PUE de 1,8 à 1,25, tout en rendant possible la réutilisation de 40 % de la chaleur résiduelle. Ces améliorations nécessitent une étude préalable de dimensionnement thermique et un pilotage fin de la ventilation.
Pour aller plus loin et vérifier rapidement l’éligibilité d’un projet ou estimer une prime, il est recommandé d’utiliser un simulateur spécialisé ou de Simuler ma prime CEE. Insight final : prioriser les actions qui rapprochent l’évacuation de chaleur du point de production (chip-to-chiller) maximise l’efficacité.

Éligibilité & obligations pour le refroidissement data center
Éligibilité des aides pour le refroidissement data center
Les dispositifs d’aide et de prime pour des travaux liés au refroidissement data center varient selon la nature du projet (rénovation, sur-mesure, construction neuve) et le statut du bénéficiaire (particulier, professionnel, secteur public). La plupart des aides ciblent la réduction de la consommation énergétique et la transition vers des solutions à plus faible empreinte carbone.
Critères usuels d’éligibilité :
- Preuve d’un projet technique (audit ou étude de faisabilité).
- Conformité aux normes électriques et de sécurité applicables aux locaux informatiques.
- Installation par une équipe compétente et documentation sur le pilotage et la maintenance.
- Performance minimale attendue : gains d’efficacité mesurables (réduction du PUE, économies kWh/an).
Certaines solutions, comme la récupération de chaleur via CTA, peuvent être valorisées si elles s’intègrent à un réseau de chaleur ou à des usages tertiaires. Voir la fiche technique sur la récupération de chaleur CTA pour les conditions techniques et la méthodologie de calcul.
Obligations réglementaires :
- Respect des règles de sécurité électrique et de fluides caloporteurs.
- Conformité aux exigences locales d’émissions et de traitement de l’eau si des tours de refroidissement sont utilisées.
- Tenue d’un registre de maintenance et d’analyses périodiques pour les installations à liquide.
Des études de simulation thermique dynamique sont parfois exigées pour des rénovations lourdes ; la méthode est décrite dans la page dédiée simulation thermique dynamique. En cas d’utilisation de pompes à chaleur eau-eau ou exploitation de nappes, se référer à la page sur les PAC eau-eau nappe tertiaire.
Exceptions et risques : l’introduction du liquide de refroidissement nécessite une gestion du fluide (qualité, filtration) et des procédures d’urgence. Un mauvais dimensionnement peut provoquer des pertes de disponibilité. Pour éviter cela, la mise en service CVC et les contrôles sont indispensables : mise en service CVC. Insight final : l’éligibilité passe par des preuves chiffrées et une trajectoire de maintenance claire.
Coûts & variables du refroidissement data center
Estimer les coûts d’un projet de refroidissement data center
Le coût d’un projet de refroidissement data center dépend fortement de la solution choisie, de la densité des racks et des adaptations d’infrastructure nécessaires. Les postes majeurs incluent l’équipement (CDU, échangeurs RDHx, échangeurs d’immersion), le génie civil, la tuyauterie, la mise en service, la qualification et la maintenance.
Fourchettes indicatives (valeurs représentatives, € TTC) :
- Refroidissement par RDHx : 4 000 à 15 000 € par baie selon puissance et intégration.
- DLC (Direct-to-Chip) complet pour un rack 50–150 kW : 20 000 à 80 000 € par rack en fonction du niveau d’intégration.
- Système d’immersion (rack + cuve) : 50 000 à 200 000 € par baie selon la technologie biphasée ou monophasée.
- CDU industrielle (70–600 kW) : 30 000 à plusieurs centaines de milliers d’euros selon capacité et redondance.
Variables qui influent sur le coût :
- Puissance thermique par rack (kW).
- Complexité du retrofit (passage de l’air au liquide, modifications de plancher technique).
- Besoin de redondance (N+1, 2N) et disponibilité cible.
- Intégration d’outils de supervision et d’IA pour pilotage en temps réel.
Coûts opérationnels et gains : un système liquide réduit souvent la consommation énergétique des systèmes de refroidissement de 30 à 60 % selon la configuration et permet d’utiliser le free cooling adiabatique lorsque le contexte climatique le permet. Le TCO devient favorable sur 3 à 7 ans selon le taux d’utilisation et les tarifs d’électricité.
Entretien et pièces : prévoir des contrats de maintenance, la gestion du fluide et la surveillance des filtres. Les CDU nécessitent des interventions régulières pour la filtration et le contrôle de la qualité de l’eau. Intégrer ces coûts dans le calcul du retour sur investissement. Insight final : budgéter au-delà de l’équipement en incluant mise en service, maintenance et adaptations structurelles.
Aides CEE & cumul pour des projets de refroidissement data center
Aides CEE applicables au refroidissement data center
Les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) peuvent soutenir des travaux visant l’amélioration de l’efficacité énergétique d’un data center. Les dispositifs ciblent principalement les opérations réduisant la consommation d’énergie active ou permettant la valorisation de la chaleur. L’obtention d’une prime CEE repose sur la conformité à des fiches standardisées et la production de justificatifs.
La cumulabilité : les CEE peuvent être cumulés avec d’autres aides sous conditions. Il est nécessaire de vérifier les règles spécifiques à chaque dispositif et d’anticiper la documentation (audit, preuve d’installations, fiches standardisées). Pour les systèmes de ventilation double flux intégrés, consulter la fiche technique sur la VMC double flux ventilation.
Processus et délais : le montage d’un dossier CEE implique la rédaction d’un dossier technique, la validation par un opérateur, puis le versement après contrôle. Une simulation et une étude préalable (par exemple via simulation thermique dynamique) accélèrent la validation. Micro-CTA : Simuler ma prime CEE.
Exemples de combinaison d’aides :
- Prime CEE + subvention locale pour l’intégration d’un système de récupération de chaleur : optimisation du financement.
- Prime CEE + amortissement fiscal pour entreprises (selon statut) : réduction du TCO.
- Aides spécifiques pour la rénovation d’installations CVC lors d’un retrofit : voir mise en service CVC.
Statistiques et tendances : l’intérêt croissant pour le refroidissement liquide se traduit par des évolutions des fiches CEE pour mieux couvrir ces technologies. Rappel : toute demande de prime doit être documentée par des mesures avant/après ou par une simulation validée.
Insight final : planifier le montage financier en anticipant les temps de validation et en combinant aides CEE et financements locaux pour réduire l’impact sur la trésorerie.
Étapes du projet de refroidissement data center (How-to)
Procédure pas-à-pas pour un projet de refroidissement data center
1) Audit initial : réaliser un bilan thermique et énergétique du site. Cet audit identifie les points chauds, les marges d’amélioration et la compatibilité d’un passage au liquide. Il permet d’établir un périmètre d’intervention.
2) Étude de faisabilité et dimensionnement : utiliser une simulation thermique dynamique pour modéliser le comportement du site selon différentes options. Le dimensionnement précis des CTA et CDU est fondamental : voir la ressource sur le dimensionnement CTA.
3) Choix de la solution : RDHx, DLC, immersion ou hybride. Les décisions se fondent sur la densité cible, la redondance, l’espace disponible et les contraintes de maintenance.
4) Conception et intégration : prévoir la tuyauterie, la séparation des boucles (TCS vs FWS), la filtration et les systèmes de sécurité. L’architecture GTB/SCADA assure la supervision : référence architecture GTB BACS.
5) Mise en service : effectuer la mise en service CVC, tests de fuite, équilibrage et validation via mesures réelles. Consultez la page sur la mise en service CVC pour les étapes techniques.
6) Exploitation et optimisation : déployer des outils d’optimisation thermique basés sur l’IA pour piloter en temps réel les débits, la ventilation et les consignes. La maintenance prédictive et la gestion du fluide sont indispensables.
7) Valorisation des gains : mesurer la diminution du PUE, la réduction des consommations et, si possible, la réutilisation de la chaleur vers des usages voisins.
Checklist : préparer documentation, contrats de maintenance, procédures d’urgence et plan de formation pour les équipes. Micro-CTA : Demander un audit. Insight final : une mise en œuvre réussie repose sur une phase d’étude rigoureuse et un pilotage continu.
Simulateur de performance thermique — refroidissement de data center
Estimez la charge thermique, la capacité de refroidissement requise et l’impact de la récupération de chaleur selon la technique choisie. Tous les champs sont en français et facilement éditables.
Visualisation rapide
Erreurs fréquentes & bonnes pratiques en refroidissement data center
Pièges courants et comment les éviter pour le refroidissement data center
Erreur 1 : dimensionner le système seulement sur la consommation actuelle. Les data centers évoluent rapidement ; anticiper l’augmentation de densité évite des coûts de retrofit majeurs. Prendre en compte l’émergence de racks IA à haute densité est essentiel.
Erreur 2 : négliger la qualité du fluide. Une filtration insuffisante ou une eau mal traitée réduit la durée de vie des CDU et augmente le risque d’incidents. Intégrer des procédures de maintenance et de contrôle de la qualité.
Erreur 3 : isolation thermique et confinement incomplets. Sans confinement des allées chaudes/froides, les gains du liquide sont partiellement perdus. Mettre en place des portes arrière, panneaux et gestion des flux d’air.
Bonnes pratiques :
- Déployer des CDU modulaires pour une montée en charge progressive.
- Utiliser le free cooling lorsque les conditions locales le permettent (free cooling adiabatique).
- Prévoir des interfaces numériques pour supervision et outils d’IA.
- Documenter les actes de maintenance et mesurer régulièrement le PUE.
Cas concret : une entreprise a choisi une stratégie hybride (DLC + RDHx) pour migrer progressivement. Le pilotage intelligent a permis de réduire la consommation du système de refroidissement de 45 % dès la première année.
Insight final : privilégier les solutions évolutives, documenter chaque étape et intégrer la maintenance dès la conception pour maximiser l’efficacité et la disponibilité.
Cas d’usage & mini étude de cas : déploiement pratique
Étude de cas : retrofit hybride d’un data center tertiaire
Contexte : un site tertiaire de 2 500 m² fonctionnait avec des unités CRAC anciennes. Le projet visait à augmenter la densité par rack et à réduire la facture énergétique.
Solution retenue : déploiement de RDHx sur les racks les plus critiques, installation de deux CDU liquide-liquide modulaire, récupération de chaleur pour chauffer les bureaux attenants. Le dimensionnement s’est appuyé sur une simulation thermique et sur la page relative au dimensionnement CTA.
Résultats après 12 mois :
| Indicateur | Avant | Après |
|---|---|---|
| PUE | 1,85 | 1,28 |
| Consommation annuelle (kWh) | 5 200 000 | 3 000 000 |
| Part de chaleur récupérée | 0 % | 38 % |
Retour d’expérience : le projet a nécessité une coordination forte entre exploitation et fournisseurs, et une phase pilote sur 8 racks avant généralisation. L’outil de simulation a été essentiel pour valider la stratégie.
Insight final : associer prototype et mesure réelle permet d’ajuster la stratégie et d’assurer la robustesse opérationnelle.
Sources
ADEME — guide et études sur l’efficacité énergétique des installations, mise à jour 2024.
Ministère de la Transition écologique — fiches et réglementations énergie, mise à jour 2024.
Légifrance — textes réglementaires applicables aux installations techniques, consultation 2025.
Quelles sont les principales techniques de refroidissement pour un data center ?
Les principales techniques incluent le refroidissement par air avec confinement, le refroidissement par liquide indirect (RDHx), le refroidissement liquide direct-to-chip (DLC) et l’immersion. Le choix dépend de la densité par rack et des contraintes d’infrastructure.
Le refroidissement liquide est-il compatible avec un site existant ?
Oui, via des solutions hybrides comme les CDU liquide-air ou RDHx. Ces solutions permettent une intégration progressive sans reconstruction complète du bâtiment.
Peut-on récupérer la chaleur d’un data center ?
Oui. La chaleur résiduelle peut être valorisée pour chauffer des locaux voisins ou être injectée dans un réseau de chaleur, sous réserve d’un dimensionnement adapté et d’accords locaux.
Quels gains énergétiques attendre ?
Selon la solution, les gains varient : free cooling et évaporatif peuvent réduire 60–80 % par rapport à des climatiseurs classiques à certains moments ; les systèmes liquides réduisent souvent la consommation de refroidissement de 30–60 %.
Quelles précautions pour le liquide de refroidissement ?
Gérer la qualité du fluide, la filtration, les contrôles de fuite et des procédures d’entretien rigoureuses pour protéger les équipements et assurer la disponibilité.
Comment financer un projet de refroidissement ?
Les CEE, subventions locales et financements spécifiques peuvent être combinés. Il faut monter un dossier technique et parfois recourir à une simulation certifiée pour obtenir les primes.
Quel rôle pour l’IA dans le refroidissement ?
L’IA optimise en temps réel la ventilation, les débits et la gestion des CDU pour réduire la consommation, anticiper les pics et améliorer la maintenance prédictive.
Micro-CTA : Simuler ma prime CEE • Demander un audit • Être rappelé par un conseiller